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Les engagements politiques pour contrer les inégalités entre les femmes et les hommes ne suffisent pas à faire avancer les choses. La barrière sociale dans le milieu administratif fait perdurer des discriminations et préjugés sexistes, tandis que les actions et représentations sociales des acteurs diffèrent de leurs engagements. Les institutions n'intègrent pas la dimension genre dans leur organisation. L’auteure suggère l’application de mesures concrètes plutôt que de se reposer sur la volonté intrinsèque des acteurs politiques.
L’occupation américaine en Haïti a permis aux femmes de protester contre l’organisation patriarcale de leur société, notamment avec la création de la Ligue féminine d’action sociale. On explique ici comment la littérature haïtienne change à partir du moment où les femmes y prennent la parole. C’est surtout l’image des femmes dans les œuvres qui diffère chez les auteurs masculins et féminins. L’occupation américaine peut être comparée à celle de l’ONU de 2004 à 2017, où il est possible de voir à travers la littérature la vision des femmes à ce moment précis, une vision qui change et se renouvelle avec le temps.
En janvier 2010, un tremblement de terre a ravagé la zone entourant la capitale haïtienne, Port-au-Prince : 2,3 millions de personnes ont été déplacées et ont vécu dans 1 300 camps de fortune. Ceux-ci ont un nombre de douches et de toilettes publiques limité et manquent d'éclairage et d'assainissement. Ces conditions de vie exacerbent les risques déjà élevés de violence sexuelle. Malheureusement, aucune statistique officielle n'existe sur les taux de viol dans ces camps de déplacé·es même si une étude de l'Université du Michigan estime que 3 % de la population féminine haïtienne y a subi des violences sexuelles. Cet article postule qu'une implication de ces femmes haïtiennes dans la planification et la mise en œuvre des projets d'organisations non gouvernementales (ONG) ainsi que la formation de brigades de sécurité autonomes permettraient de les protéger de ces violences sexuelles.
Ce rapport soumis à l’ONU dénonce la gravité des violences basées sur le genre (VBG) en Haïti. Malgré la ratification de conventions internationales telles que la CEDAW et la Convention de Belém do Pará, Haïti ne respecte pas ses obligations de protection envers les femmes et les filles. Selon l’UNICEF (2008), plus de 70% des femmes haïtiennes ont été victimes d’au moins une forme de VBG. Une étude de 2016-2017 révélait que 34% des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie. Les adolescentes sont particulièrement vulnérables : 25% des femmes âgées de 18 à 24 ans ont déclaré avoir été victimes de rapports sexuels non consentis avant 18 ans. En 2020, dans le département de la Grand‘Anse, 126 plaintes pour VBG ont été déposées, mais seulement 46 ont mené à une enquête judiciaire et aucune n’a abouti à un procès. Le système judiciaire est faiblement réactif, discriminatoire et lent. Par exemple, moins de 10% des policiers sont des femmes, malgré une exigence constitutionnelle d’un quota de 30%.
Les femmes sont marginalisées dans la vie politique : elles ne représentent que 3% du Parlement. L'absence de lois modernes criminalisant la violence domestique, le viol conjugal et le harcèlement sexuel aggrave la situation. De plus, il n’existe aucun refuge gouvernemental pour les survivantes, et les soins médicaux d'urgence sont souvent inaccessibles. Afin de renforcer l'accès à la justice, le rapport recommande des réformes législatives conformes aux normes internationales, un meilleur soutien des survivantes, une formation accrue des policiers et magistrats, ainsi que la ratification du Protocole facultatif à la CEDAW.
L'auteure s’interroge sur les violences faites aux femmes et aux filles en Haïti et propose des moyens mobilisables pour lutter contre elles.