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En Haïti, les lois sur les liens familiaux sont influencées par le modèle français qui n’est pas compatible avec les réalités haïtiennes. La majorité de la population crée alors ses propres droits et institutions sur l’alliance et la filiation, ce qui mène à la déresponsabilisation des pères envers leurs femmes et leurs enfants. Depuis, la loi haïtienne a changé en faveur de l'intérêt des enfants et des mères, mais il existe toujours une discrimination face aux enfants non issus du mariage. Aujourd’hui, le projet de loi sur la paternité responsable tente d’offrir une plus grande égalité des droits malgré la situation d'alliance et de filiation. Le processus est long et semble difficile à appliquer dans la réalité haïtienne.
Les paysannes haïtiennes migrant vers Port-au-Prince deviennent souvent des travailleuses domestiques et les femmes qui les emploient peuvent alors migrer à l’international. Celles-ci se dirigent souvent vers la France, où elles deviennent aussi travailleuses domestiques, permettant à d’autres femmes de se maintenir sur le marché du travail. À partir du féminisme matérialiste et de la sociologie clinique, l’auteure analyse le système d'oppression qui se manifeste dans cette chaîne de migration et de travail, qui est accentué par la mondialisation néolibérale. Ces rapports sociaux, de race et de classe s’articulent entre le travail domestique et non domestique, entre femmes employeures et employées ainsi que dans la migration nationale et internationale.
Financé par le gouvernement canadien, le projet ACOSME avait pour objectif de protéger la santé maternelle et infantile en Haïti en s’appuyant sur la mobilisation communautaire, l’amélioration de la qualité des services de santé, la formation et le renforcement des capacités des intervenant.es en santé. Tout en respectant les normes d’acceptabilité culturelle, il visait à optimiser les soins et à les rendre plus accessibles.
Il est possible de se rendre compte des rapports de sexe, de classe et de race dans l'attribution de la parole lors de débats électoraux. Malgré l'inclusion graduelle des femmes dans la politique en Haïti, celles-ci sont toujours perçues selon les stéréotypes traditionnels présents à leur égard et elles ne se voient pas souvent accorder la parole. Cette présence des femmes sur le plan politique est donc minimisée pour laisser l'espace aux hommes majoritairement. Elles n'arrivent pas à prendre place dans ce domaine, car cela va à l'encontre des rôles attribués aux femmes haïtiennes; en outre, elles sont jugées lorsqu'elles le font. Il s’agit donc d'un rapport de pouvoir inégalitaire installé par les comportements attendus selon le sexe.
Bon nombre des problèmes socioéconomiques clés auxquels les pays des Caraïbes sont confrontés aujourd'hui ont une dimension sexospécifique. Ils incluent la criminalité et la violence, les problèmes de santé reproductive et sexuelle, le faible niveau d'éducation, la structure familiale instable, la pauvreté et les inégalités. Par exemple, la violence domestique est répandue dans la sous-région des Caraïbes et implique, pour la plupart, des hommes comme agresseurs et des femmes comme victimes. Le comportement agressif a été lié à l'incapacité des hommes (en particulier ceux à faible revenu) à répondre aux attentes de la société en matière de réalisation et de subsistance de la famille, ainsi qu'à des modèles de socialisation qui apprennent aux garçons à dominer et aux filles à être soumises.