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Cette étude se penche sur la trajectoire des femmes rurales à la suite de l'appropriation de terres subséquente au séisme. Elle explore leur accès passé et présent à la terre, et en particulier la nature des relations entre les sexes en milieu rural. Elle analyse la stratification des commerçantes rurales, leur expérience et l'effet de la perte d'accès à la terre sur leur rôle d’entrepreneures.
En 2007, environ 100 000 filles mineures travaillaient comme domestiques en Haïti. Souvent issues de milieux défavorisés, ces jeunes filles se trouvaient dans une situation de dépendance totale les rendant vulnérables aux violences physiques et sexuelles. On estime qu’environ la moitié des viols déclarés concernent des mineures. Déjà marginalisées, la stigmatisation dont elles souffrent les isolent encore plus. Selon Amnistie internationale, il s’agirait d’une forme d’esclavage moderne, où les jeunes filles sont privées de tous leurs droits. En parallèle, une véritable traite des personnes serait organisée à l’intérieur du pays, où les recruteurs visent les familles pauvres et nombreuses en espérant leur soutirer des jeunes filles.
Cet article passe en revue les différentes luttes des femmes en Haïti un an après le tremblement de terre de 2010. Les femmes doivent non seulement s'occuper des plus vulnérables, les enfants, les personnes handicapé·es et âgées, mais elles doivent aussi affronter la violence sexuelle. À la suite d'une catastrophe, les femmes ont généralement moins accès aux ressources et sont exclues de la prise de décisions, ce qui les fragilise. Elles sont exposées à un risque accru de viol en raison de l'effondrement des infrastructures sociales, de l'érosion des réseaux familiaux et communautaires, de l'accès inéquitable aux services sociaux, de l'absence de loi et d'ordre, du manque de logements sûrs et de la dépendance résultant de la dislocation économique. Toutes ces conditions ont sévi après le tremblement de terre en Haïti, créant une tempête parfaite de violence sexuelle qui a fait rage dans les camps.
Les engagements politiques pour contrer les inégalités entre les femmes et les hommes ne suffisent pas à faire avancer les choses. La barrière sociale dans le milieu administratif fait perdurer des discriminations et préjugés sexistes, tandis que les actions et représentations sociales des acteurs diffèrent de leurs engagements. Les institutions n'intègrent pas la dimension genre dans leur organisation. L’auteure suggère l’application de mesures concrètes plutôt que de se reposer sur la volonté intrinsèque des acteurs politiques.
À partir d’une enquête terrain, l’auteure questionne les rapports sociaux de genre en lien avec l’égalité professionnelle, dans la chaîne de migration et de travail, tant domestique que non domestique, des femmes haïtiennes. Les entrevues menées auprès de femmes concernaient principalement la division sexuelle du travail et, dans le même ordre d’idée, l’absence des hommes dans le travail domestique. En partant de quatre types de travail et cinq types de femmes, l’auteure cherche à analyser le système d'oppression. De plus, l’auteure pose la question de l’égalité professionnelle en rapport avec la classe des hommes et celle des femmes, prenant en compte l’hétérogénéité de cette dernière. Accentuées par la mondialisation néolibérale, la chaîne et les substitutions qu’elle engendre contribuent au paradoxe de l’égalité entre groupes dominés et dominants.